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Le vétérinaire expert Marine, un acteur majeur de la santé publique dans les armées

Par Stéphane Lefèvre, Vétérinaire en chef, Etat-major de la Marine, Centre d’expertise des programmes navals (CEPN), Toulon.

Stéphane Lefèvre présente les grands enjeux de la Marine Nationale, son implantation en France (Brest et Toulon), ses multiples missions …

40 000 personnes travaillent dans la marine (dont 30 000 militaires) : ces nombres illustrent les enjeux liés à la sécurité sanitaire du personnel, et notamment celle liée à la restauration et aux eaux destinées à la consommation humaine. L’expertise dans ces domaines apportée par le CEPN prend alors toute sa dimension.

Le CEPN accompagne l’Etat-major de la Marine et la Direction Générale de l’Armement dans la construction et les conditions de navigation des bateaux et le bureau dont Stéphane Lefèvre a la charge apporte son expertise technico-opérationnelle (avec 2,5 personnes Équivalent Temps Plein dont un réserviste).

 L’activité du bureau

Le bureau a en charge la « Fonction Restauration » (de A à Z) incluant l’approvisionnement des eaux destinées à la consommation humaine et ses interventions doivent tenir compte de nombreuses et différentes contraintes propres à cette Armée :

- travail en mer et à quai (avec par exemple des exercices faits dans un contexte contraint) ;

- rythme soutenu et fatiguant de la vie embarquée.

Le conférencier met l’accent sur la constante pression subie par le service restauration du fait de la forte attente des personnels pour lesquels les repas représentent un moment capital (aux composantes sociologique et sanitaire puissantes).

Les interventions comprennent les contrôles sanitaires, le maintien en condition opérationnelle. Elles ont lieu en principe à chaque cycle de vie du bateau/bâtiment. 

Quelles évolutions depuis 10 ans ?

- Rationalisation dans l’implantation des équipements, regroupement des fonctions sur le même pont (service Vivres, carrés ...) auparavant dispersés en plusieurs endroits (« là où il y avait de la place », comme dans les porte-avions).

- Visite de tous les bâtiments en service actif, avec compte-rendu sur les travaux à mettre en œuvre selon leur priorité (liste transmise au service de maintenance).

- Parfois projet de restructuration complète des cuisines : les rénovations prennent plusieurs années et il est très compliqué de travailler en milieu marin ; les restructurations se font sur 6/7 ans.

- Ingérences dans les approvisionnements aux ports, avec, pour ce qui concerne les escales (235 villes dans 120 pays), l’inspection des lieux d’approvisionnement avec délégation contractuelle à des confrères d’autres armées.

- Interventions au profit du commandement.

- Sont utilisées des unités logistiques vivres de 12 palettes prédéfinies.

- Règles à respecter dans la gestion des déchets de restauration en mer (solides souillés, solides non souillés, organiques).

- Gros enjeux sur la gestion de l’eau. Usines de dessalement pour produire de l’eau. 

Avantages et spécificités de la présence du vétérinaire

- Prise en compte de l’intégralité de sa fonction : Questions sanitaires, règlementaires, fonctionnelles, ergonomiques.

- Interventions en amont, dès la conception du bateau.

- Interventions dans la durée (notamment pour les programmes navals : car durée de vie de 40 ans d’un bateau).

- Création d’un réseau : reconnaissance des acteurs.

- Différence entre marine militaire et marine civile, aux contraintes moindres en santé publique.

Conclusion

Par ses activités transverses, par le niveau de ses interventions, par ses relations avec ses collègues des marines militaires étrangères, le vétérinaire est garant de la sécurité sanitaire, de la continuité d’action et il peut assurer des prestations plus larges que pour les bâtiments civils.

Du fait de sa parfaite intégration à la marine, il peut y jouer son rôle d’acteur majeur de la santé publique vétérinaire. 

Questions

P Fritsch : interventions au profit du commandement ? 

SL : Possibilité d’un conseil du vétérinaire pour le commandement pour l’aider à prendre sa décision.

Officiellement : il y a assez peu de TIAC, même si l’on peut évoquer une sous déclaration et des enquêtes sommaires sur le bateau. En revanche, il est observé qu’il y a plus de problèmes (virus, TIAC) pendant les escales.


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